Enrico Zoffoli
Magistère du Pape
Et catéchèses de Kiko :
Une comparaison
À propos du Chemin Néocatéchuménal
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PRÉFACE DU TRADUCTEUR
Le Chemin Néocatéchuménal est-il une secte ? Une Église Parallèle ? Une Église dans l’Église ?
En traduisant ce livre du Père Enrico Zoffoli, notre désir est qu’un public français ait accès à ce document italien important qui ne fait que confirmer qu’à Rome même, ce mouvement est contesté. Il l’est d’ailleurs dans le monde entier. Peu de mouvements ont suscité autant de notes pastorales d’évêques, de conférences épiscopales. Le Pape, tout en l’appuyant de son autorité et de ses encouragements, l’a aussi exhorté plus d’une fois d’attitudes à éviter. Des prêtres aussi s’y sont opposés. Quelques sites Internet dans le monde font foi des oppositions qu’il crée. Enfin des laïcs ont eu fort à débattre avec les membres du Chemin NC, tout ceci menant souvent à de douloureuses divisions aux plans humain et paroissial. D’ailleurs, cela est une autre source de motivation, c’est-à-dire, le grand nombre de victimes, silencieuses pour la plupart, qui n’ont pas de voix pour les défendre et les soutenir.
Peu de documents traitent précisément de la source de tous ces problèmes, qui, nous le croyons sincèrement, se retrouve dans l’enseignement du fondateur. Le Père Zoffoli s’est dédié à l’analyse de cet enseignement qui est demeuré longtemps secret, même de membres qui cheminaient depuis des années dans le mouvement et qui en ignoraient l’existence. Le lecteur sera donc invité à s’interroger sur les attitudes humaines et pastorales qui peuvent découler d’un tel enseignement.
Toutes les notes de bas de page sont du traducteur ( ainsi qu’une préface et une conclusion ) et n’engagent pas l’auteur, quoique à notre avis, elles ne le contredisent pas. Nous n’avons rien enlevé ou ajouté à la traduction du livre. Pour le lecteur qui trouverait le volet plus théologique trop fastidieux, nous suggérons de commencer à la page 101.
Nous tenons à remercier l’Association Rome-Sud ( c/o Fermo Posta, Roma Ostiense, 00154, Rome, Italy ) qui a mis à notre disposition cette notice biographique, complétée d’une bibliographie des œuvres du Père Zoffoli ainsi qu’une photo. Puisque, à notre connaissance, aucune de ses œuvres ne sont traduites en français, nous avons laissé la bibliographie dans sa langue italienne. Enfin, merci aux éditions Segno, qui nous ont donnés l’autorisation pour la publication de la traduction en français sur Internet.

Partie frontale du souvenir du Père Zoffoli Partie postérieure du souvenir du Père Zoffoli
Biographie
Il naquit à Marino, petite ville des Cols Albains, le 3 septembre 1915 et tout jeune homme ressenti la Vocation à la "consécration à Dieu" et afin de la réaliser, il choisit la Congrégation des Passionistes, fondée par S. Paul de la Croix.
Il parcourue les règles itinéraires formatives, en faisant toujours preuve de maturité et de ferveur. Ses supérieurs ayant découvert chez le jeune une intelligence aiguë et solide, ils l'envoyèrent accomplir ses études philosophiques et théologiques dans les universités pontificales de Rome et de Louvain en Belgique, où il se licencia en philosophie.
La première destination du jeune fut donc l'enseignement à l'intérieur de sa Congrégation et subséquemment à l'Institut théologique pour laïques de Ste. Croix de Florence pour 4 ans.
Pour une décennie il fut ensuite professeur à l’Université Pontificale Latran de Rome (1959-69).
Une fois terminée l'activité didactique officielle, il se consacra aux deux fonctions les plus importantes pour le Royaume de Dieu : la prédication des Exercices spirituels et la rédaction de livres, certains de grande envergure et valeur, et d’autres de plus petite envergure, mais touchants les problèmes les plus actuels. Dans cette activité d’écriture le vénéré père reflète son adhésion intérieure à la Foi, et à l'orthodoxie qui doit l'envelopper, et un amour viscéral de l'Église, sacrement de salut.
Sans aucune pointe d'emphase, on peut dire que l’activité d'édition du P. Zoffoli fut "prodigieuse", comme le démontre la liste de ses publications (cfr. Bibliographie).
Une assistance spéciale de l'Esprit Saint... une heureuse capacité de synthèse.., une base théologique sûre et claire. . .l'usage sévère de son temps... tels sont les éléments qui expliquent l'activité prodigieuse susdite.
La Congrégation des Passionistes lui est immensément reconnaissante pour ses études sur S. Paul de la Croix ( jusqu'à présent inégalées ) et sur Ste. Gemma Galgani, et pour d’autres brochures sur la Passion.
Ses disciples et ses fidèles lui seront par-dessus tout reconnaissants pour ses différents développement théologiques, ascétiques et parfois apologétiques principalement sur la Très Sainte Eucharistie.
Il est assez évident que ses écrits enfoncent leurs racines dans la vie personnelle de l'auteur qui vivait sa prêtrise et sa pitié eucharistique dans la clarté de la Foi et dans la pitié des séraphins.
Sa mort fut comme sa vie : sereine et fervente.
Il savait en qui il avait cru et espéré.
Il s'endormit dans le Christ comme un enfant qui sait qu’il peut compter sur l'amour de Dieu ! (16/06/1996).
Il a été enterré dans le caveau de famille au cimetière de Marino (Rome).
Bibliographie
Philosophie :
Itinerario alla fìlosofia,
Ed. Fiorentina Firenze, 1948, pp. 128.Il male, Lecce, 1951, pp. 116 (ed. Privata).
Problema e mistero male, Marietti, Torino, 1960, pp. 440.
Ed io che sono?, Il Crivello, Cittadella di Padova, 1972, pp. 200.
Aborto giudicato dalla ragione, Ed. Grafischena, Fasano (Br), 1975, pp. 80.
La verità, Ed. Grafischena, Fasano (Br), 1975, pp. 40.
Origine del mondo, Ed. Grafischena, Fasano (Br), 1978, pp. 76.
Dalla prima nebulosa all'uomo, Ed. Grafischena, Fasano (Br), 1979, pp. 58.
Esistenza dello spirito e dignità della persona, Ed. Grafischena, Fasano (Br), 1979, pp. 104.
La persona non muore, Ed. Grafischena, Fasano (Br), 1979, pp. 106.
Valore dell'esistenza, Ed. Rogate, Roma, 1980, pp. 262.
Pena di morte e Chiesa cattolica, Ed. Settimo Sigillo, V.S. Veniero, 74, 00192 Roma, 1981, pp. 134.
Tomismo e cattolicesimo, Ist. Padano di A.G., Rovigo, 1978, pp. 28 (estr. da Palestra del Clero, nn. 20-21, 1978).
Origine delle idee e astrazione dell'intelletto agente in san Tommaso, pp. 50 (estr. dagli Atti dell’VIII Congr. Tomist. Intern., vol. VII, 1982).
La dignità del corpo umano nella dottrina di san Tommaso, pp. 10 (estr. dagli Atti del IX Congr. Tomist. Intern., vol. III, 1991).
Il fondamentale tomismo di GaliIeo, pp. 20 (estr. da Doctor Communis, XLIV - 1991, pp. 130-147).
Principi di filosofìa, Ed. Fonti Vive, Roma 1988, pp. 936. Con letture di storia del pensiero occidentale.
Apologétique
:Itinerario alla fede
, Ed. Grafíschena, Fasano (Br), 1978, pp. 48.Perché credo, Ed. Il Crivello, Cittadella di Padova, 1970, p. 204.
Galileo, Fede nella ragione e ragioni della fede, Ed. Studio Domenicano, Bologna, 1990, pp. 180.
Comunione sulla mano? - Il vero pensiero della Chiesa secondo la vera storia del nuovo rito. V ed. riveduta ed ampliata - Roma, 1990, pp. 132.
La confessione ancora necessaria? - Roma, 1990, pp. 222.
La vera Chiesa di Cristo! - Roma, 1990, pp. 316.
La messa è tutto. Catechismo - Roma, 1991, pp. 68.
Eresie del movimento neotecumenale - V ed. migliorata, arricchita di nuove sconcertanti testimonianze. Saggio critico, Edizioni Segno, Udine, 1992, pp. 168.
Congiura contro l'eucaristia e il sacerdozio - Roma, 1991, pp. 174.
La Messa unico tesoro e la sua concelebrazione - Roma, 1991, pp. 58.
Dio perdona, se... Dialogo sul Sacramento della penitenza - Roma, 1991, pp. 48.
Magistero del Papa e catechesi di Kiko. Confronto, A proposito del "Cammino neocatecumenale", Edizioni Segno, Udine, 1992, pp. 150.
Eucaristia ed Ecumenismo. Dialogo. - Ed. Comitato Medjugorje - Milano, 1992 (V. Cordusio, 4). pp. 134.
Catechesi neocatecumenale e ortodossia del Papa. Ed. Segno, Udine, 1995, pp. 80.
Théologie et spiritualité
:L'obbligo di corrispondere alla vocazione,
Ed. Fiorentina, Firenze, 1949, pp. 44 (estr. da Vita Cristiana, fasc. IV-V.Il mio e vostro sacrificio. Lineamenti di una teologia del Sacriftcio eucaristico per laici, Lucca, l'955, pp. 64.
La passione mistero di salvezza, Vicenza, 1966, pp. 248 (successive ediz. italiane nel 1971, 1984; una spagnola e un'altra portoghese in Brasile).
Perché la Messa?, Ed. Il Crivello, Cittadella di Padova, 1970, pp. 106.
La morte. E poi?..., Ed. Grafischena, Fasano, 1975, pp. 312.
La passione di Cristo nella Bibbia, Ed. "Il Crivello", Cittadella di Padova, 1971, pp. 310.
Mistero della sofferenza di Dio? - Il pensiero di S. Tommaso. Pontif. Accad. di S. Tommaso, Libr. Ed. Vaticana, n. 34 della coll. "Studi Tomistici", Roma, 1988, pp. 88.
A colloquio con Dio, Ed. Rogate, Roma, 1991, pp. 108.
La Messa è tutto. Teologia a servizio della fede, Ed. Cipi, Roma, pp. 242.
Carismi e carismatici nella Chiesa - Ed. Dehoniane, Roma, 1991, pp. 180.
Incontro al Mistero. Elevazioni. Ed. Segno, Udine, 1992, pp. 280.
Catechismo della fede cattolica f.to 11x19, pp. 442, Ed. Segno, Udine - 1993.
Il neocatecumenato della Chiesa cattolica. Lettera aperta al clero italiano - f.to 10,5x21, pp. 34, Ed. Segno, Udine -1993.
La confessione ancora necessaria? F.to 11x19, pp. 70, Ed. Segno, Udine - 1993/24 ed.
Cristianesimo. Corso di teologia cattolica - f.to 12x24,5, pp. 1380, Ed. Segno, Udine - 1994.
Eucaristia o nulla f.to 11x19, pp. 132, ed. Segno, Udine - 1994.
Il male. Itinerario della speranza f.to 11x19, pp. 232, Ed. Segno, Udine - 1994.
Questa è la Messa. Non altro. Ed. Segno, Udine, 1994, pp. 120.
Chiesa e uomini di Chiesa. Apologia a rovescio, Ed. Segno, Udine, 1994, pp. 56.
Dio. Dov'è questo Dio? - Pont. Accademia di S. Tommaso, Libr. Ed. Vaticana, Roma, 1994, pp. 380.
Ecumenismo e umanesimo di Giovanni Paolo Il, Pont. Accademia di S. Tommaso, Libr, Ed. Vaticana, Roma, 1995, pp. 108.
Catechesi neocatecumenale e ortodossia del Papa, Edizioni Segno, Udine, 1995, pp. 80.
Vita futura e verità sul purgatorio, Edizioni Segno, Udine, 1995, pp.208.
Hagiographie
:La povera Gemma.
Saggi critici storico-teologici. Ed. "Il Crocifisso", Roma, con 158 illustr.S. Paolo della Croce. Storia critica. A cura della Congr. dei PP. Passsionisti, Roma, 1963-1968.
vol. I, Bibliografia, pp. 1616, con indici e 180 illustr. fuori testo;
vol. II, L'uomo e il Santo, pp. 1755, con indici e 73 illustr. f.to.;
vol. I, Maestro di Spirito, missionario e fondatore, pp. 2512, con indici e 77 illustr. F.to.
S. Paolo della Croce. Diario spirituale. Testo critico, introd., note e indici. A cura dei PP. Passionisti. Roma, 1964, pp. 102.
S. Paolo della Croce. Profilo. Vicenza, 1967, pp. 102.
S. Paolo della Croce e le Suore Passioniste di Signa, Roma, 1967, pp. 64.
S. Paolo della Croce (compendio dell'opera grande, a cura dei PP. Passionisti di Puglia e Calabria). Manduria (Taranto), 1975, pp. 338.
Tempo ed eternità. Nella vita intima di S. Teresa di Lisieux, Ed. O.C.D., Roma, pp. 454.
Histoire
:I Passionisti.
Spiritualità e apostolato. Ed. del "Il Crocifisso", Roma, 1955, pp. XV-404.Le monache passioniste, Ed. "Il Crivello", Cittadella di Padova, 1970, pp. 700, con 55 illustr. f.to.
Publications variées
:Casa di preghiera, non spelonca di ladri,
Roma, 1980, pp. 43.Lettera aperta di un gruppo di laici al clero italiano, Roma, 1986, pp. 38.
Dizionario del Cristianesimo, Ed. Segno, Udine, 1992, pp. 588.
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Alla scoperta di Gesù , Maurizio Minchella Editore, Milano, 1996, pp. 48 |
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- Le présent compte rendu bibliographique ne comprend pas de nombreux petits et grands écrits inédits, ni les articles apparus dans des revues et des dictionnaires.
MAGISTÈRE DU PAPE ET
CATÉCHÈSES DE KIKO :
UNE COMPARAISON
À propos du Chemin Néocatéchuménal
À Sa Sainteté Jean Paul II
Maître infaillible de vérité
pour réfuter les accusations
de beaucoup de Néocatéchumènes
dont j’expose la cécité
et le comportement et
qui n’ont pas compris
le sens plus orthodoxe de leur " chemin "
PRÉAMBULE
Alors que s’épuise la dernière édition de ma brochure Hérésies du Mouvement Néocatéchuménal, j'ai été encouragé par le révérend don Gino Conti à entreprendre ce travail, auquel mon ami a collaboré efficacement avec un ample et savant recueil de textes tirés du Magistère du Pape, destinés à être opposés à d’autres catéchèses de Kiko Arguëllo. Nous ne pouvions adopter une meilleure méthode pour satisfaire un public toujours plus vaste, désireux de connaître les rapports réels de la pensée de Kiko avec la doctrine enseignée par Jean Paul II et crue par tout bon " catholique ".
Le but du présent essai est de répondre - avec des données à la main - à tous les Néocatéchumènes et sympathisants, qui ne cessent d’objecter à mon accusation d’" hérésie " le fait que - comme ils disent - le Pape sait tout, le Pape est avec eux, le Pape en a approuvé le charisme, le Pape en a béni et encouragé plusieurs fois l’œuvre dans le champs liturgique, pastoral, missionnaire...
J'ai soutenu que le Pontife est informé seulement en partie du " Chemin ", ignorant spécialement les prémisses dogmatiques... Mais, dans l'hypothèse qu’il fût au courant de tout, je n'oserais jamais discuter sur les raisons de son silence et de son attitude en faveur du Mouvement : demain l’histoire pourra tout révéler, nous en remettant pour le moment au jugement de Dieu.
Malgré cela je sens le devoir de ne pas arrêter de dénoncer ouvertement les erreurs contre la foi contenues dans le texte célèbre des catéchèses de Kiko, que j’ai déjà critiqué : Orientations pour les Équipes de catéchistes pour la phase de conversion ( Madrid, février 1972 ).
La copie dactylographiée que j’ai examinée remonte à mars 1982. Maintenant, que celle-ci soit authentique, cela est démontré, par dessus tout, du fait qu'elle a été corrigée par le Centre Néocatéchuménal " Serviteur de Jahvè au San Salvador ", Piazza S. Salvador in Campo, Rome. Mais, comme il a été observé non sans raison, Kiko, après quelques années de nouvelles expériences et réflexions, peut l'avoir retouchée et peut-être aussi corrigée dans les points incriminés...
Ne voulant pas courir le risque de me prendre contre les " moulins à vent ", je me suis procuré d’autres écrits plus récents de l'auteur ( ou mieux, de ses discours enregistrés ) dont j’introduit la liste, au moins de ceux que j'ai réussi à avoir. Vous seront présentés deux écrits qui, même en étant antérieurs à ceux de 1982, ne diffèrent pas cependant des Orientations citées, lesquelles amplifient et confirment l’idée :
1 - Orientations aux Équipes de Catéchistes pour la " Shemà " ( Notes prises à partir des rubans des Shemà faites par Kiko et Carmen à quelques communautés de Rome et Madrid en 1974 ) pp. 110.
2 - Comme préambule à tout le cycle des Catéchèses de l'annonce nous mettons la traduction ( tirée des rubans enregistrés ) de tout ce qui a été dit par Kiko dans une rencontre faite au Centre Néocatéchuménal de Madrid le 22 octobre 1981, pour orienter les catéchistes disponibles afin de faire des catéchèses dans de nouvelles paroisses, pp. XVI.
3 - Orientations aux Équipes de Catéchistes pour la Convivence de la Rénovation du premier Scrutin baptismal (Notes tirées de la catéchèse donnée par Kiko et Carmen à Madrid en 1972, avec des additions de 1986, pp. 14.
4 - Annonce du Carême - 1 Mars 1987 - Crypte des Martyrs Canadiens, pp. 14.
5 - Annonce de l'Avent - Crypte des martyrs Canadiens - 25 novembre 1987, pp. 31.
6 - Notes tirées des Catéchèses de Kiko dans la Convivence d'Arcinazzo du 22-25 septembre 1988 ( pour aider les équipes qui ont participé aux convivences des catéchistes ou des responsables afin de rapporter l’expérience à leurs propres communautés, pp. 18 suivies par deux lettres de Kiko).
7 - Annonce de Pâques - Crypte des Martyrs Canadiens, le 25 mars 1988, pp. 21.
Ayant lu attentivement ces écrits, je n'ai rien trouvé de considérable qui fasse supposer des revirements ou une rétractation de ceux qui sont plus connus et plus élaborés, que j’ai présentés dans la brochure Hérésies du Mouvement Néocatéchuménal.
Ceci m'a permis un comparaison plus objective des catéchèses de Kiko avec la doctrine du Pape.
L'auteur
Rome, 28 janvier, fête de S. Thomas d’Aquin
PREMIÈRE PARTIE
ANALYSES COMPARATIVES
I
L’Église Catholique : l’unique enclos
LE PAPE
" Que résonne toujours vivant dans nos oreilles le mandat du Divin Maître : " Allez donc et enseignez toutes les nations, leur enseignant à observer tout ce que je vous ai commandé " (Mt 28,19s ) Conscients d'une aussi grande responsabilité, vous devez faire vôtre l'anxiété apostolique de S. Paul quand il s'exclamait : " malheur à moi si je n’évangélise pas " ( 1 cor 9, 16 ). Et, comme le recommande le même Apôtre, vous devez prêcher la parole " en toutes occasions, à temps et à contre temps " ( 2 Tm 4, 1s ), complètement convaincus de la force inhérente dans la vérité que l’Église professe depuis deux mille ans. Chaque action d'évangélisation s'oriente par conséquent à faire que chaque personne et chaque communauté s’ouvrent complètement à la Parole de Dieu " ( Montevideo, Aux religieux, 31.3.1987 ).
" À la lumière de la nouvelle Épiphanie Dieu se révèle en Jésus-Christ à tous les peuples et à toutes les nations de la terre. À tous est destinée la lumière divine qui pénètre dans l'obscurité de l'existence humaine… " ( Pour l’ordination de 10 évêques, 6.1.1988 ).
" Même si les temps et les mentalités changent, les Paroles de Jésus aux Apôtres restent toujours valides et actuelles : " J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos; et celles-là aussi, il faut que je les mène; elles écouteront ma voix et il y aura un seul troupeau et un seul berger " (Jn 10,16). " Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie " (Jn 20,21) " Allez donc : de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit " ( Mt 28,19 ). Ceci est la volonté certaine de Dieu exprimée par le commandement du Christ qui ajoute : " Ne craignez pas (…). Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde " ( Mt 28,20). ( cf. : XVIe Concile de Tolède, D-S 575; Innocent III, 792; IVe Concile du Latran, 802; Boniface VIIII, 870; Concile de Constance, 1191; Concile de Florence, 1351; Léon XII, 2720; Grégoire XVI, 2730; Pie IX, 2785, 2865, 2917ss; Léon XIII, 3304; Pie XII, 3821s, 3866-73 )
KIKO
À propos de la nature, de la mission et de la destinée de l'Église, Kiko ne se perd pas en subtilité : il n’en faudrait pas plus pour le croire hérétique.
" Peut-être pensons-nous que la mission de l’Église est de prendre tous les gens qui se trouvent en dehors de l’Église et de les amener à l’intérieur (…). Si c’était la vérité, nous pourrions dire que Jésus Christ a échoué après 2000 ans parce que aujourd’hui, ceux qui sont réellement dans l’Église sont très peu nombreux. Si la mission de l’Église est que tous les gens y entrent, comment Dieu peut-il permettre qu’il y ait si peu de personnes aujourd’hui dans l’Église ? ( Orientations aux Équipes de Catéchistes pour la phase de conversion. – Notes à partir des rubans des rencontres tenues par Kiko et Carmen pour orienter les équipes de catéchistes de Madrid en février 1972 – Publications aux soins du Centre Néocatéchuménal " Serviteur de Yahvé " à San Salvador, Place S. Salvadore in Campo, 00186. Tel. 6541589. Mars 1982, p. 78 ).
" La mission de l’Église n’est pas de faire que tous les hommes y entrent pour en faire partie juridiquement, mais que les hommes soient illuminés par l’Église et parviennent au Père…" p. 81
" Hors de l’Église point de salut (…). Dans cette phrase, comprise juridiquement, se reflète toute la mentalité des gens qui vous écouteront. Elle se trouve à la base de toute notre mentalité sur l’Église. De là proviennent toutes les extrêmes onctions à tous les malades, les confessions au dernier moment, et les baptêmes le plus vite possible aux enfants à peine nés. Parce que si l’Église est l’unique planche de salut et si celui qui ne lui appartient pas juridiquement se condamne, c’est ainsi qu’il faut faire…" ( id., p. 82. Cf. id., pp. 83, 84, 86 ).
" L’Église est un événement, elle est une histoire, elle est un fait…" p. 87
Mais comment tout ceci peut-il être, si elle n’est pas avant tout une " société " avec ses énergies propres, son message ? Kiko arrive à dire qu’elle n’est pas non plus " une religion ". ( id. ).
" L’Église primitive ne s’est jamais considérée comme l’unique planche de salut, mais comme ayant une mission à l’intérieur de l’histoire…" ( id., p. 81s ).
Par conséquent : "…C’est ainsi que nous pensons l’Église; sans triomphalisme, ni prosélytisme, sans vouloir porter Jésus Christ je ne sais où, ou que tous entrent dans l’Église " ( p. 86 ).
Donc, il est indifférent d’appartenir ou non à l’Église catholique, ou à l’Église hiérarchique, celle qui est visible, que kiko appelle " juridique ", mais qui est assurément la seule fondée par le Christ et dont le pasteur est Jean Paul II... Il s'ensuit que toujours selon le chef charismatique des néocatéchumènes :
- les " autres brebis " qui pour le moment ne sont pas de sa " bergerie " n'appartiennent pas au Christ ni ne sont tenues d’entrer même pour ne former qu’un seul troupeau...
II
Parole de Dieu et Magistère ecclésiastique
LE PAPE
" Les fidèles sont appelés à servir la révélation de Dieu, plutôt que d’utiliser la parole pour seconder leurs idées, tout aussi élevées qu’elles puissent être. On ne peut pas oublier que la Parole est confiée à l'Église ( Concile Vatican II, Dei Verbum, 10 ) et que le service du Magistère de l'Église a la responsabilité de l'interprétation authentique de son message " ( À la fédération pour l’apostolat biblique, 6.8.1984 ).
" Ce devoir ( d'interpréter authentiquement la Parole de Dieu ) a été confié au seul Magistère vivant de l'Église, dont l’autorité s’exerce au nom de Jésus Christ ( Dei Verbum 10 )…" Voilà donc une nouvelle caractéristique de la foi : croire de manière chrétienne signifie aussi accepter la vérité révélée par Dieu comme l'insigne de l'Église ". ( Audience générale 24.4.1985. Cf. Congrégation pour la Doctrine de la foi, Instruction sur la vocation ecclésiale du théologien, 24.5.1990 )
( Cf. : Concile de Trente, D-S 150; Pie IV, id. 1863; Alexandre VIII, id. 2284; Benoît XIV, id. 2538; Concile Vatican I, id. 3007; Léon XIII, id. 3281; Pie X, id. 3401-8, 3546; Pie XII, id. 3887 ).
KIKO
" Dans ce chemin, nous voulons que les gens rencontrent directement les livres de la Bible. C’est inutile que les gens lisent la Bible à la maison, parce que dès le quatrième jour ils se fatiguent. La Bible s’interprète d’elle même à travers les parallélismes…" ( id., p. 372 )
Dans ses Orientations, Kiko cite rarement les multiples documents du Magistère des Papes pour en illustrer et en vérifier la pensée; ainsi de ceux qui l'ont beaucoup protégés et encouragés, Paul VI et spécialement Jean Paul II.
Dans ses Orientations il ne parle seulement que de deux des vingt et un Conciles œcuméniques célébrés par l’Église : le Concile de Trente et le Concile Vatican II, mais seulement pour les opposer l’un envers l’autre.
Le Concile de Trente, principalement célèbre contre les erreurs du protestantisme, qui sont durement blâmées : " Avec le Concile de Trente, et du XVIe au XXe siècle, tout reste bloqué…" ( id., p. 174 )
" Mais à Trente on a mis tout l’accent sur l’essence, sur l’efficacité, et on a perdu de vue la valeur sacramentelle du signe…" ( id., p. 175 )
"…Avec le Concile de Trente au XVIe siècle, tout est fixé rigidement, en imposant de manière radicale le rite romain. Avec cette imposition il n’est désormais plus possible d’enlever ou d’ajouter quoi que ce soit à la messe. C’est ainsi que la messe est arrivée jusqu’à nous. Ce fixisme a duré tellement longtemps que lorsqu’on a pour la première fois changé la liturgie, nous nous sommes scandalisés parce qu’elle nous semblait immuable. Ceci est une erreur…" ( ibid. p. 325 ) - Après Trente, nous sommes restés avec l’essence et l’efficacité en méconnaissant la valeur des signes…" ( ibid. p. 327 )
Mais Jean Paul II, en accord avec tout ses prédécesseurs, a cité et approuvé plusieurs fois le Concile de Trente, comme ayant une valeur dogmatique définitive. ( cf. Audience générale 8.1.1986; 8.10.1986 )
À la condamnation du Concile de Trente, par Kiko, répond le respectueux panégyrique de Vatican II, grâce auquel " nous sommes sortis de l’immobilisme presque total " ( id., p. 73. Cf. id., p. 67ss, 81, 316, 327, 332, 334, 335, 348, 349, 350, 351 ).
Pas un signe des théologiens, petits et grands - y compris S. Thomas - qui ont eu le mérite de préparer, de développer et de défendre le Magistère officiel de l’Église; mais au contraire méfiance et mépris envers tous…Kiko ironise sur leurs débats à propos du dogme eucharistique et en général de leurs traités ( cf. id., pp. 74, 251, 264, 325, 326, 329 ).
Répondant à un des sujets actuels d'exégèse biblique, Kiko enseigne : " Tu ne peux pas donner une interprétation à ta manière de cette Parole, parce qu’il y a une interprétation qui est celle que donne l’Église ( ibid. p. 239 ). Exact : l’étude des passages parallèles ne suffit pas, il faut sortir du texte et faire appel à l'autorité du Magistère ecclésiastique. Kiko donne des leçons d'orthodoxie. Mais il se contredit souvent, parce que certaines de ses interprétations de la Parole de Dieu contrastent avec le Magistère. Ainsi, son exégèse relative à la vente des biens est totalement personnelle et aberrante ( Mt 19, 16-19; Lc 18, 18-30 ); à la communauté des biens ( Ac 5, 1-4 ). Et ils ne se comptent pas les passages bibliques diamétralement opposés à l’exégèse kikienne autour de la rédemption, de la médiation sacrificielle du Christ, Victime des péchés du monde…
Malheureusement, les catéchistes du chemin tiennent pour " possédé par le démon " quiconque diffère de la parole de Kiko, imposée comme indiscutable.
III
STRUCTURE HIÉRARCHIQUE DE L’ÉGLISE
LE PAPE
" C’est ici, à l'autel, que l’Église se révèle dans sa nature la plus intime comme communion hiérarchique de foi, d’espérance et de charité ( Aux Prélats américains, 2.3.1989 )
Le " sens de notre ministère épiscopal (...) inclut principalement les devoirs d'enseigner, de sanctifier et de gouverner. Ces devoirs sont exercés dans la communion hiérarchique avec la tête du collège des évêques et avec les membres de ce collège...( À la conférence épiscopale du Canada, 20.9.1984 )
" À la base de la communion, qui en un certains sens tient ensemble toute l'Église, s'explique et se réalise aussi la structure hiérarchique de l'Église, dotée par le Seigneur de nature collégiale et en même temps primatiale quand il constitua les Apôtres à la manière d’un Collège ou d’une classe stable, à la tête desquels il mit Pierre, choisit du milieu d’eux...". " Pour utiliser de nouveau les paroles du Concile Vatican II, " les évêques, donc, assument le ministère de la communauté avec leurs collaborateurs prêtres et diacres, en présidant le troupeau dont ils sont les Pasteurs, en tant que Maîtres de la doctrine, prêtres du culte sacré, ministres du gouvernement…" ( Constitution Apostolique., Bon Pasteur, 28.6.1988. - cf. Audience générale., 22.6.1988; Aux représentants œcuméniques, 26.6.1988; aux évêques de la Nouvelle-Zélande, 9.4.1988, à qui, il a entre autre rappelé : " La signification ecclésiale de votre visite est une communion hiérarchique…")
(cf. : Clément de Rome., D-S 101; Concile de Florence, 1318; Concile de Trente, 1768; Concile Vatican I, 3061; Pie IX, 2919; Léon XIII, 3167,3171; Pie IX, 3685; Pie XII, 3804; Concile Vatican II, Sainte Liturgie. 26; L’Église, 4, 8, 10, 18, 20; Le ministère et la vie des prêtres., 5).
KIKO
" …L’Église n’est pas une réalité juridique mais sacramentelle…" ( id., p. 167 ) L’Église primitive, avec la discipline pénitentielle, a acquis " une dimension juridique " ( id. ). Kiko rejette " une vision juridique de l’Église " ( id. ). " Où l’Église se trouve-t-elle alors ? Là où se trouve l’Esprit Saint, l’Esprit vivifiant de Jésus Christ ressuscité, là se trouve l’Homme nouveau du sermon sur la montagne. Là où il y a cela, là se trouve l’Église…( p. 88 ). Donc, l’Église non hiérarchique… Évêques, prêtres et diacres ne figurent pas comme éléments essentiels de l’Église qui illumine, sanctifie, gouverne…
Un peu avant en effet ( p. 88 ) il avait dit que la paroisse, le curé et les vicaires ne font pas l'Église; pas plus le fait qu’il y ait une communauté et un prêtre; qu'on célèbre la Messe, que l’on donne une catéchèse et que l’on croie à des vérités révélées... L'Église, selon lui, est constituée de bien d’autres choses, et précisément de fidèles qui, animés par l'Esprit Saint, vivent dans la grâce de Dieu, selon l'esprit et la lettre du " sermon sur la montagne " duquel n’est pas formée une société visible, composée aussi de pécheurs...
Kiko donc rappelle les thèses les plus condamnées du Magistère. Il suffirait de rappeler la position de Montan, les disciples Béguards du Moyen Âge ( D-S 893 ), des Frères ( D-S 910-912 ), et puis de Jean Wyclif ( D-S 1187 ), Jean Hus ( D-S 1201-1206 ), Luther ( D-S 1465ss ), P. Quesnel ( d-S 2474ss ), les Jansénistes du Synode de Pistoia ( D-D 2615. cf Pie XII, Mystici corporis, D-S 3803 ).
IV
SACERDOCE MINISTÉRIEL ET
SACERDOCE COMMUN
LE PAPE
" Le Concile Vatican II nous a rappelé cette splendide vérité " sur la prêtrise universelle de tout le peuple de Dieu, qui dérive de la participation à l’unique sacerdoce de Jésus Christ ". Notre sacerdoce "ministériel", enraciné dans le sacrement de l'ordre, se différencie essentiellement de la prêtrise universelle des fidèles (…). Le Sacrement atteint ce but ( d'éclairer les fidèles ) à travers le ministère de la parole et des sacrements, qui lui est propre, et surtout à travers le Sacrifice Eucharistique, pour lequel seul il est autorisé ". ( Au clergé de Rome, 9.11.1978 ).
" Le sacerdoce auquel nous participons par le sacrement de l'ordre, qui a été pour toujours gravé en nos âmes au moyen d'un signe spécial de Dieu, c'est-à-dire le " caractère ", demeure en relation explicite avec le sacerdoce commun des fidèles, c'est-à-dire de tous les baptisés et, en même temps, diffère de lui " essentiellement et non pas seulement en degré " ( Lumen Gentium, 10 ). Si ils diffèrent entre eux non seulement en degré, mais en essence, ceci est le fruit d'une richesse spéciale du sacerdoce même du Christ, qui est l’unique centre et l’unique source soit de cette participation qui est le propre de tous les baptisés, soit de l'autre participation à laquelle on parvient au moyen d'un sacrement distinct, qui est précisément celui de l'ordre..."
" Notre sacerdoce sacramentel, par conséquent, est en même temps sacerdoce hiérarchique et ministériel - constituant un ministère spécial - c’est-à-dire qu’il est un service à l’égard de la communauté des croyants. Il ne tire son pas origine cependant de cette communauté, comme si ce fût à elle à appeler ou à déléguer. C’est plutôt un don pour cette communauté et il vient du Christ lui-même, dans la plénitude de son sacerdoce. Une telle plénitude trouve son expression dans le fait que le Christ, en nous rendant tous aptes à offrir le sacrifice spirituel, en appelle quelques-uns et il les rend capables d’être ministres de son même sacrifice sacramentel: L'Eucharistie à laquelle oblation concourt tous les fidèles et dans laquelle sont insérés les sacrifices spirituels du Peuple de Dieu.
"Conscients de cette réalité, nous comprenons de quelle manière notre sacerdoce est hiérarchique, c'est-à-dire connexe avec la puissance de former et soutenir le peuple sacerdotal ( Lumen Gentium, 10 ) et, vraiment pour cela, ministériel..." ( À tous les prêtres, 8.4.1979; ( cf. Ordination des prêtres de Rio de Janeiro, 2.7.1980 ); Aux clergé de Parigi, 30.5.1980; Aux prêtres, Jeudi saint, 16.3.1989; Exhortation apostolique Christifideles, 30.1.1988,22; Angelus, 8.3.1987 ).
( Cf. : Innocent III, D-S 794, 802; Clément VI, id. 1084; Concile de Florence, id. 1321; Concile Vatican II, Lumen Gentium , 10, 21, 25, 26, 41; Christus Dominus., 15; Pie Xii, Mediator Dei, 68-69 ).
D o n c :
Le prêtre est placé au centre même du mystère du Christ (..). Il agit " dans la personne du Christ " particulièrement quand il célèbre l'Eucharistie : par son ministère le Christ continue à exercer dans le monde son œuvre de salut ".
" Je sais bien que le laïcat catholique du Honduras a de plus en plus pris conscience de sa responsabilité à l'intérieur de l'Église et qu’il est en train de contribuer à la charge de répandre le message évangélique. Celui-ci cependant ne doit pas faire oublier la place irremplaçable et particulière qui, pour la sanctification du peuple de Dieu revient aux prêtres, voulus par le Seigneur afin que " dans la société des fidèles ils eussent le pouvoir sacré de l'ordre pour offrir le Sacrifice et pardonner les péchés, et qu'au nom du Christ ils exercent pour les hommes dans une forme officielle la fonction sacerdotale ".." ( Le Ministère et la vie des prêtre, 2. - Aux Évêques du Honduras, 23.11.1978 ).
KIKO
Nous n’avons pas non plus de prêtre au sens d’une personne que nous séparerions de toutes les autres parce qu’en notre nom elle prendrait contact avec la divinité. Parce que notre Prêtre, celui qui intercède pour nous, c’est le Christ. Et puisque nous sommes son Corps, nous sommes tous prêtres.
Toute l’Église est sacerdotale au sens qu’elle intercède pour tout le monde. C’est vrai que ce sacerdoce se rend visible dans un service et qu’il y a quelques frères qui sont serviteurs de ce sacerdoce, ministres du sacerdoce. Dans le Nouveau Testament, le mot " prêtre " n’est jamais utilisé autrement qu’en référence au Christ; à part cela, on parle de ministres ou de presbytres…" ( id., p. 56 )
Kiko cependant ne pense pas (ou ne croit pas) que le prêtre catholique est ministre du sacerdoce parce que en lui le Christ vit avec la puissance de sa médiation auprès du Père; pour cela en lui seul (et non les fidèles ou la communauté des fidèles) se conjugue en premier la personne du verbe qui exprime l’exercice des pouvoirs exclusivement propres au Christ.
Malheureusement, des témoignages unanimes et influents confirment que dans les Communautés Néo Catéchuménales ce n'est pas le "prêtre" ( = presbytre ), mais plutôt le "catéchiste" ( = laïc ) qui préside en tant que âme et animateur, éprouvant tout et commandant à tous... Or, justement aux prêtres le Pape, le 9 décembre 1985, crû nécessaire de s'exprimer dans les termes suivants : "...Dans ce chemin l’œuvre des prêtres reste fondamentale ". Ils sont "les guides de la communauté"; pour laquelle " l’exigence première qui s'impose est de savoir maintenir la foi en votre identité sacerdotale.
" En vertu de l’ordination sacrée, vous avez été marqués avec un caractère spécial qui vous configure au Christ prêtre, de façon à pouvoir agir en son nom. Le Ministre sacré donc devra être accueilli non seulement comme f r è r e qui partage le chemin de la communauté même, mais surtout comme celui qui, en agissant "en la personne du Christ ", porte en soi la responsabilité irremplaçable de Maître, Sanctificateur et Guide des âmes, responsabilité à laquelle il ne peut en aucune façon renoncer (...) Ce serait une illusion de croire que servir l'Évangile dilue votre charisme dans un faux sens d'humilité ou une manifestation mal interprétée de f r a t e r n i t é (...).
Ne vous laissez pas tromper! L'Église vous veut prêtres et les laïques que vous rencontrez
vous veulent prêtres et rien d’autre que prêtres. La confusion des charismes appauvrit l'Église, elle ne l'enrichit pas " ( Discours du 9.12.1985 )Ça ne suffit pas. Justement en s’adressant aux Néocatéchumènes, le Pape, le 10 fév.1983 avait averti : " Suivez les méthodes, les indications, les itinéraires, les textes offerts par les Épiscopats, exercez aussi le ministère de la catéchèse dans la communion et dans la discipline ecclésiale, en respectant le ministère fondé de l'Évêque et des prêtres qui lui sont associés, ce sera une aide précieuse pour votre catéchèse à tous les niveaux..."
Au contraire, Les néocatéchumènes ont leurs "catéchèses", conçues et organisées à leur manière, en ne suivant pas les indications ni les méthodes des Évêques. Le "prêtre", dans les Communautés, est seulement un président pour le rituel et le sacramentel: présidence, la sienne, qui ne comporte aucune autorité magistérielle. La communauté est dirigée par un responsable laïc : " Le grand danger des communautés - selon Kiko - c’est que les prêtres les tuent sans le vouloir. Dans ce chemin la communauté aura un responsable laïc…" ( id., p 371s ). Donc : " Cette communauté ne cheminera pas seule, comme bon vous semble, en faisant chacun ce qui lui plaît, cette communauté c’est nous qui la dirigeons au nom de l’évêque. Nous avons la mission de vous conduire à la foi adulte, au baptême. C’est pourquoi il n’y a pas de catéchuménat sans obéissance à l’autorité des catéchistes…". Il s’ensuit que le curé doit se limiter à présider " la communauté locale " ( id., p. 370 ), qui est bien autre chose que la "communauté".
Celui qui est élu "catéchiste" doit se considérer rempli par ce même Esprit Saint, et à partir de ce moment ses instructions et sentences sont indiscutables, infaillibles... Il a " le charisme du discernement des esprits " ( id., p 188 ). En somme " s’il n’y a pas d’obéissance envers les catéchistes, il n’y a pas de chemin…" ( id., p. 353 ).
Mais, ni l'Évêque ni le Curé ne choisissent le catéchiste. À eux est confié le devoir seulement de conférer "le mandat" dans une cérémonie solennelle; qui est réglée par un rituel conçu par le Mouvement et il consiste dans l'imposition des mains de la part de ces derniers... Le résultat est une structure ecclésiale de service parallèle à celle-là fondée sur le sacrement de l'ordre... Mais, Jean Paul II, aussi en reconnaissant aux Bergers l'autorité de conférer quelques tâches aux laïcs, avertit que " l'exercice de ces devoirs ne fait pas du laïc fidèle un berger : en réalité ce n'est pas son devoir de constituer le ministère, mais plutôt l’ordination sacramentelle..."
Malheureusement, "le catéchiste" dans la communauté catéchuménale s'arroge un pouvoir qui excède toutes les limites de sa condition... Les plaintes et les protestations de la part des fidèles tombés dans son filet sont très grandes, fréquentes…
V
LE PÉCHÉ
LE PAPE
" En péchant, l'homme " se trouve face à une exclusion de Dieu par l'opposition en face à un de ses commandements, par un geste de rivalité à son égard, par la prétention trompeuse d'être "comme Lui" (…). Dans le cas de l’Éden apparaît en toute sa gravité et son intensité ce qui constitue l'essence la plus intime et la plus obscure du péché : la désobéissance à Dieu, à sa loi, à la règle morale qu’il a donné à l'homme (…). Exclusion de Dieu, rupture avec Dieu, désobéissance à Dieu : tout le long de l'histoire humaine celle-ci a été et est, sous des formes différentes, le péché qui peut parvenir jusqu'à la négation de Dieu et de son existence : c'est le phénomène nommé athéisme (…). Désobéissance de l'homme qui, avec un acte de sa liberté, ne reconnaît pas la domination de Dieu sur sa vie…" ( Réconciliation et pénitence, 14. Cf. 15 ).
" Pourquoi et dans quelle mesure le péché est-il grave dans l'offense qui est faite à Dieu et dans sa répercussion sur l'homme ? L'Église a sa doctrine à ce sujet et elle la réaffirme dans ses éléments essentiels…" ( id., 17 ).
"... L'homme sent que cette désobéissance tronque sa relation à Dieu dans son principe vital : c'est un péché mortel, c'est-à-dire un acte qui offense Dieu gravement et finit par se retourner contre l'homme lui-même avec une force obscure et une puissance de destruction..." ( id., 17 ).
" Ensuite il est vain d’espérer que prenne consistance un sens du péché vis-à-vis de l'homme et des valeurs humaines, s'il manque le sens de l'offense commis contre Dieu, c'est-à-dire le sens vrai du péché " ( id., 18 ).
"Dieu est toujours le principal o f f e n s é par le péché - "tibi soli peccavi!" - et seul Dieu peut pardonner..." ( id., 31/III ).
"Ceux qui s'approchent du sacrement de la pénitence reçoivent de la miséricorde de Dieu le pardon des offenses qui Lui sont faites et, en même temps, la réconciliation avec l'Église..." ( id., 30, où est cité le Concile de Trente, D-S 1668-70, 1701, et le Vatican II, L’Église, 11 ).
Au début du Carême de 82 Jean Paul II parla de l'amour d'un Dieu "jaloux", o f f e n s é par l'homme, coupable d'avoir effacé en lui son image, en péchant.
Dans l'encyclique Dominum et vivificantem le Pape revient sur le péché comme o f f e n s e à Dieu, jusqu'à aller supposer qu’Il souffre réellement ( id., 39 ).
( Cf. : Concile de Trente, D-S 1525, 1528; Décret du S.Office., id. 2291; Pie XI, Miserentiss Redemptor; Pie XII, iv. 3891; Concile Vatican II, L’Église, 11; L’Église dans le monde de ce temps, 13, 22, 41 ).
KIKO
" On se demande s’il est possible d’offenser uniquement Dieu. La question est ainsi posée parce que nous avons une conception verticale du péché, individualiste : que ce soit nous qui offensions Dieu d’une certaine manière, comme si le péché était une offense à Dieu dans le sens que l’on puisse lui voler sa gloire. Nous croyons que nous pouvons faire un dommage à Dieu. La première chose que nous devons penser c’est qu’il n’est pas possible de faire un dommage à Dieu… Dieu est invulnérable. On ne peut lui arracher sa gloire d’aucune manière…"
" En quel sens peut-on parler d’offenser Dieu ? Dans le sens que le péché rompt le plan de Dieu. Quel est le plan de Dieu, le dessein de Dieu sur l’homme ? L’amour. Le péché est toujours une rupture d’amour…" ( id., p. 182 ).
Il faut s’entendre:
a) Il est certain que le péché n'offense pas uniquement Dieu; Mais il est incontestable aussi qu'il est principalement "offense à Dieu": la vraie conception du péché est essentiellement "verticale", parce que seulement en tant qu'offense à Dieu le péché fait du tort à qui le commet et à son prochain. Et, malgré ce que Kiko en pense, la conception même de ce péché est aussi "personnelle" parce qu’il se consume dans un rapport immédiat d'altérité entre la personne humaine unique (consciente et libre) et Dieu. Ce n’est pas la "communauté" qui pèche, mais chacun des membres qui la composent, pour laquelle chacun est le premier à répondre de son action…;
b) Personne ne peut supposer que le péché enlève quelque chose à Dieu, lui dont la béatitude reste inaltérable, malgré toutes les iniquités humaines…;
c) Le péché cependant offense vraiment Dieu en ce sens que l'homme Lui refuse l'amour qu’il mérite, en refusant de reconnaître le caractère absolu de sa primauté, la vérité de sa perfection infinie, la propre nécessité de dépendre de Lui le Souverain Bien, Loi éternelle, Providence souveraine. Mais, ce manque de reconnaissance est la pire des injustices, parce que l'homme n’attribue pas à Dieu ce qui Lui appartient objectivement; et justement pour cela il l’offense, même s’il se nuit seulement à lui-même, en refusant d'adhérer à son unique Bien.
Bref : Kiko conçoit seulement le plan de l'amour de Dieu pour l'homme, sans réfléchir que l'homme peut être heureux seulement à la condition d'aimer Dieu en premier et par dessus tout, parce que son vrai bien dépend uniquement d’un tel amour.
Comme nous verrons, l'homme, qui n’offense pas Dieu, n'est pas tenu à quelque expiation tel l’esprit de "sacrifice" que Kiko repousse logiquement.
VI
POSSIBILITÉ DU PÉCHÉ
LE PAPE
" Comme écrit l'apôtre saint Jean, " si nous disons que nous sommes sans péché, nous nous trompons nous-mêmes et la vérité n'est pas en nous. Si nous reconnaissons nos péchés, Lui, est fidèle et juste, il pardonnera nos péchés " Ces paroles inspirées écrites à l’aube de l'Église orientent mieux que n'importe quelle autre expression humaine ce discours sur le péché qui est étroitement unit avec celui sur la réconciliation (...). Reconnaître vraiment le péché, ou mieux - en allant plus encore au fond dans la considération de la vrai personnalité - reconnaître le pécheur, capable de péché et porté au péché, est le début indispensable du retour à Dieu…" ( Réconciliation et pénitence., 13 ).
L'expression " mystère du péché " " tente de nous faire percevoir ce qu’il y a d'obscur et d'insaisissable qui se cache dans le péché. Celui-ci est l’œuvre de la l i b e r t é de l'homme sans aucun doute..." ( ib., 14 )
" Le péché, dans un sens véritable, est toujours un acte de la personne, parce que c’est un acte de l i b e r t é d’un seul homme, et non principalement d’un groupe ou d’une communauté. Cet homme peut être conditionné, pressé, poussé dans plus d’un cas par de légers facteurs externes, comme aussi il peut être sujet à des tendances, des tares, des habitudes héritées de sa condition personnelle. Dans plus d’un cas de tels facteurs externes ou internes peuvent atténuer dans plus ou moins grande mesure sa liberté et, ensuite, sa responsabilité et sa culpabilité. Mais c’est une vérité de foi, confirmée par notre expérience et par notre raison, que la personne humaine est l i b r e. On ne peut ignorer cette vérité, pour décharger sur la réalité externe - la structure, les systèmes, les autres - le péché de chacun. Par dessus tout ce serait annuler la liberté et la dignité de la personne, qui révèlent aussi - bien que dans ce cas de façon négative et désastreuse - la responsabilité pour le péché commis. C’est pourquoi, en chaque homme il n’y a rien de plus personnel et non transférable que le mérite de la vertu ou de la responsabilité de la faute…" ( id., 16 ).
" Le sens du péché (…) est étroitement lié avec la conscience morale, avec la recherche de la vérité, avec la volonté de faire un usage responsable de la l i b e r t é…" ( id., 18 )
( Cf. : Concile d’Arles, D-S 331, 336, 339; Léon X, id. 1486; Concile de Trente, id. 1555; Léon XIII, id. 3285 ).
KIKO
" L’homme ne peut pas faire le bien parce qu’il s’est séparé de Dieu, parce qu’il a péché et qu’il est resté radicalement impuissant et incapable, au pouvoir des démons, il reste esclave du Malin. Le Malin est son seigneur. C’est pourquoi les conseils et les sermons exigeants ne valent rien. L’homme ne peut pas faire le bien (…) Tu ne peux accomplir la loi parce qu’elle te dit d’aimer, de ne pas résister au mal qu’on te fait, mais toi tu ne peux pas : toi, tu fais ce que veut le malin " ( id., p. 130. Cf., p 135 ).
L’homme " est fondamentalement taré. Il est charnel. Il ne peut pas faire autrement que voler, se disputer, être jaloux, envier, etc. Il ne peut faire autrement et il n’en est pas fautif…" ( id., p 138 )
Pour cela justement, " les discours ne servent à rien. Il ne sert à rien de dire : sacrifiez-vous, aimez-vous ! Et si quelqu’un essaie, il deviendra le plus grand pharisien du monde parce qu’il fera tout pour sa perfection personnelle…" ( id., p 136 ). Étrange, irritante façon de raisonner !…
Donc, la perfection personnelle voulue par Dieu ( Mt 5,48; Ep 4, 13; Jc 1,4; 3,2 ) ne serait pas un devoir ? Et pourquoi serait un " pharisien " celui qui se préoccupe d’inciter et de stimuler les autres à en faire autant ?… - Kiko montre qu’il ne sait pas ce qu’il dit, du moins selon le langage biblique, affaire de l’Église et de tous les Saints…
Une mère de famille m’a écrit, en autre : " J’ai eu à affronter les Néocatéchumènes et leurs prêtres avec des discussions sur la confession et le péché… Confession ou non, nous sommes toujours dans le péché; on a l’impression que la Grâce n’existe pas; mais du reste elle ne sert à rien, parce que celui qui espère en jouir est un présomptueux, parce qu’il veut devenir comme Dieu, et il est dans les mains de Satan parce qu’il ne s’accepte pas tel qu’il est (Dieu ne nous veut pas si différents, parce qu’il nous aime vraiment ainsi ); autant vaut mieux continuer à pécher..."
Est-ce le but auquel tend " le Chemin Néocatéchuménal " ?
VII
LA CONVERSION
LE PAPE
Le message biblique " souligne dans la pénitence avant tout sa valeur de conversion, terme avec lequel on tâche de traduire le mot du texte grec metànoia, qui signifie littéralement laisser retourner l'esprit pour le faire se tourner vers Dieu. Ce sont du reste les deux éléments fondamentaux émergeant de la parabole du fils perdu et recouvré : " le rentrer en soi", et la décision de revenir au père. Il ne peut pas y avoir de réconciliation sans ces attitudes primordiales de la c o n v e r s i o n..." ( Réconciliation et pénitence., 26 )
" Faire pénitence veut dire, au-delà de tout, rétablir l'équilibre et l'harmonie rompues par le péché, changer de direction, même au coût de sacrifices..." ( id., 26 ).
" L'acte essentiel de la pénitence, de la part du pénitent, c’est la contrition, c’est à dire une claire et résolue répudiation du péché commis conjointement avec l’intention de ne pas retourner le commettre ( Cf. D-S 1676-7 ) pour l'amour qu’il porte à Dieu et qui renaît avec le repentir. Ceci étant convenu, la contrition donc est le début et l'âme de la conversion, de cette metànoia évangélique qui ramène l'homme à Dieu comme le fils prodigue qui revient au père…" ( id,. 31/III ).
( Cf. : Concile de Trente, D-S 1457, 1526s; 1669 ).
KIKO
" La conversion n’est jamais le fruit d’un effort de l’homme..." Elle est " un don de Dieu, un appel de Dieu, une initiative de Dieu…" ( id.., p. 163 ).
Initiative de Dieu, primauté de sa grâce, etc.: il y n'a pas doute, contre chaque tendance pélagienne; mais le Christianisme repousse aussi chaque comportement quiétiste, en rappelant à tous qu'il faut " serrer les dents " et faire tout nos " efforts " pour se renier, prendre sa propre croix chaque jour, préférer le Christ à ses propres biens et aux personnes les plus chères, sacrifier sa propre vie... ( Mt 10,37-39; 13,44; 16, 24-25; Mc 8,34-37; Lc 9,23-27; 12,33; 14,26-27; Jn 12,24-25 ).
Kiko semble oublier que " notre lutte n'est pas contre des créatures faites de chair et de sang, mais contre les Principautés et les Puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal..."; il ne pense pas que le croyant doit prendre " l'armure de Dieu " pour résister " dans les jours mauvais et rester debout après avoir supporter toutes les épreuves ". Pour cela il doit " rester bien ferme, se ceindre les hanches avec la vérité, revêtir la cuirasse de la justice...", en tenant en main le bouclier de la foi avec lequel il peut éteindre toutes les flèches enflammées du malin..." ( Ep 6,10-17 ).
Jésus n'est pas venu porter la paix mais le glaive..." ( Mt 10,34 ). Timothée doit combattre le bon combat ( 1 Tm 1,18 ), utilisant les armes capables d’abattre chaque forteresse et rempart qui s’élèvent contre la connaissance de Dieu ( 2 Co 10,3-5 ). En somme, il est impossible de ne pas " serrer les dents " et s'abstenir de tout " effort " quand on a le devoir de lutter contre les " désirs charnels qui font la guerre à l'âme " ( 1 Pi. 2,11 ).
Kiko n'a évidemment pas compris l'essence de la vie chrétienne : en s’abusant lui-même et les autres, il a trahi le message évangélique consistant dans la connaissance de la croix ( 1 Co 1,18-26 ). Il - comme nous confirmerons - n'a pas compris que le croyant ne doit pas se limiter à honorer la Croix du Christ, en supposant qu'Il l'aie maintenant dispensé de porter la sienne et de laisser mourir sur celle-ci " ses passions et ses désirs " ( Ga 5,24 ).
Kiko cependant, imperturbable, poursuit : "... Appeler à la conversion ce n’est pas exiger, mais plutôt donner la possibilité, l’occasion de la conversion (…). La conversion est un don énorme de Dieu, fruit de la résurrection de Jésus Christ (…). La conversion est une œuvre de Dieu, et non pas une effort volontariste de l’homme…" ( id., p 164 ).
" La conversion n’a jamais un sens moraliste ou volontariste; mais elle est au contraire essentiellement un changement de mentalité, un changement de direction…" ( id., p 165 ).
" Parce que la conversion n’est pas se repentir du passé, mais se mettre en chemin en avant, vers le futur…" ( ib., p 166-167 )
Quel futur ? Évidemment celui réalisé par une inversion de route, qui engage toutes les forces du converti, prévenu et soutenu par la Grâce. Mais Kiko la pense différemment.
Selon lui, la " métanoia ", comme changement de mentalité, consiste en une illumination intérieure, par laquelle l’homme reconnaît son propre péché et accepte, c’est à dire croit qu’il a été pardonné en Jésus Christ : " Quand nous disons : tous les péchés sont pardonnés en Jésus Christ, nous disons la vérité, mais gardons présent que pour pouvoir recevoir ce pardon, il est nécessaire d’être d’abord dans un esprit de conversion, avoir cette illumination : que tu es dans le péché. C’est pourquoi la conversion part de l’initiative de Dieu, qui te fait voir que tu es dans le péché…" ( id., p 164 ).
Mais c’est peu. Selon la foi, Dieu, en plus d’éclairer la conscience du pécheur, pour qu’il reconnaisse ses propres fautes, donne aussi la grâce nécessaire pour qu’il se repente et se propose de se corriger. Ce que Kiko ignore ou n’accepte pas, déformant une des plus fondamentales vérité autour de la grâce et de ses rapports avec la volonté humaine...
Ceci n'est pas tout. " C’est une grande vérité que Dieu a pardonné tous les péchés en son Fils Jésus Christ; mais c’est aussi vrai que tu dois accepter ce pardon des péchés. Et pour accepter ce pardon, la première chose que tu dois faire c’est de te reconnaître pécheur, chose extrêmement difficile. C’est pourquoi Dieu vient à ton aide en t’appelant à la conversion ( id., p165 ).
Attention :
- Dieu a pardonné les péchés seulement en ce sens que, dans le Christ, il offre la grâce de pouvoir se repentir et se réconcilier avec Lui;
- Il est inexact de dire que nous devons " accepter " le pardon des péchés : nous devons le mériter en nous disposant à le recevoir avec la contrition rendue possible par la grâce du Christ, qui nous invite à participer - par elle - à sa Passion expiatoire;
- Dieu appel à la conversion non seulement en nous faisant reconnaître le péché, mais en inspirant aussi le remords avec l’intention de le vaincre et un changement de vie de plus en plus radical…
Mais cela ne suffit pas.
Par conséquent, " Tu rendras gloire à Dieu si tu crois que Dieu peut faire de toi qui est un pécheur, un luxurieux, un égoïste, attaché à l’argent, un fils de Dieu qui aime comme Jésus Christ. Crois-tu cela ? C’est Dieu qui le fera, pas toi. C’est pourquoi le Christianisme est une bonne nouvelle pour les pauvres et les malheureux. Le Christianisme n’exige rien de personne, il donne tout en cadeau…" ( id., p 222-223 )
Restons avec Kiko, notons que la confiance dans la vertu de la résurrection du Christ détruit le passé coupable de l'homme, qui donc revient à vivre en Lui, mort et ressuscité: " Si nous avons été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, si Lui est mort pour nos péchés, nous aussi nous sommes morts pour nos péchés (…). Si Lui a occupé ta place et la mienne, s’Il a été mis dans la fosse à notre place et si le Père l’a ressuscité, il nous a ressuscités nous aussi. Parce qu’il l’a ressuscité comme gage, comme garantie que tes péchés sont pardonnés, que nous avons accès à la vie de Dieu, que maintenant nous pouvons naître en Dieu… ( id., p 141 )
" La mort et le péché ont été vaincus dans la mort et la résurrection de Jésus Christ qui, dans sa chair, a enseveli et détruit le corps de péché (…). Si un homme a été ressuscité de la mort, cela veut dire que le péché a été pardonné (…). Lui est ressuscité comme prémice, pour montrer à tous les hommes que la mort a été pardonnée à tous, parce que le péché a été pardonné…" ( id., p. 143-144 )
En somme, " en Christ Dieu inaugure une nouvelle création, fait une nouvelle humanité " ( id., p 144 )
Le contraste avec l’ i d é e de " conversion " exprimée par le pape et celle soutenue par Kiko est grinçant. Contre le courant pélagien, il est de foi que l'initiative de tout le processus de conversion appartient à Dieu, qui entend Se réconcilier l'homme pécheur...; mais, contre le courant luthérien, il n'est pas moins certain que la conversion est nécessairement animée par la " contrition " qui regrette d'avoir offensé Dieu et a l’intention de se corriger... Contrition découlant d’un tel amour-infus qui la détermine de manière indispensable et vitale... C’est pourquoi, Kiko attribue la " conversion " seulement à la foi dans le pardon que Dieu entend accorder au pécheur, abstraction faite de la " contrition " et dispensant l'homme de l'effort de se corriger, rendu possible par la grâce.
En d’autres termes, Kiko, comme Luther, nie la liberté humaine, en exagérant l’efficacité de la grâce jusqu’à en déformer la nature profonde. Elle est un don de la miséricorde de Dieu, non parce qu’elle fait tout sans la volonté humaine, mais plutôt parce qu’elle confère à la volonté humaine la possibilité de faire tout par elle et avec elle, cela comme être responsable de sa propre action en bien, s’il favorise la grâce, et en mal s'il la refuse.
En somme, Dieu opère dans l'homme, en respectant sa dignité de personne, essentiellement capable d'accomplir ses propres choix de manière autonome, responsable. Ceci est la foi professée par l'Église dans l’œuvre de la Rédemption, œuvre d'une Miséricorde nécessairement juste. ( Cf. Chapitre pseudo-clémentin, D-S 243-245, 248; Concile d’Arles, id. 1525 s, 1529, 1541, 1554 : Alexandre VIII, id., 2305s; Clément XI, id. 2401-2425, 2430s; Pie VI, id., 2621; Concile Vatican I, id, 3010; Pie XII, id. 3846 ).
VIII
EXPIATION RÉDEMPTRICE ET SACRIFICE
LE PAPE
Fidèle aux Sources de la Révélation ( Tradition et Écritures Saintes ) et en restant dans le sillon ouvert par le Magistère universel, ordinaire et solennel, il reprend et développe plusieurs fois le Mystère central du christianisme : celui du salut opéré par la médiation rédemptrice du Christ en vertu du S a c r i f i c e de la Croix par lequel il a expié les péchés du monde, en accomplissant l'acte suprême d’amour au Père et de solidarité avec les frères dans la satisfaction de la justice infiniment miséricordieuse de Dieu. Telle est, en résumé, la doctrine récurrente dans presque tous les documents du magistère de Jean Paul II, desquels il suffira de citer quelques passages.
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" Si en Christ, par l’œuvre de son sacrifice, de son obéissance jusqu'à la mort, l'homme obtient la rémission des péchés, alors de cette manière aussi le monde trouve le réconciliation avec Dieu en Christ " ( Paroisse de Ste Marie des Anges, Rome, 5.3.1989 ).·
" La chose essentielle dans toute la mission du Christ est l’œuvre du salut (…) ". En effet, Il " sauvera son peuple de ses péchés ( Mt 1,21 )...". " Sauver veut dire " libérer du mal " ". Jésus Christ est le Sauveur du monde car il est venu pour libérer l'homme de ce mal fondamental, qui a envahi le fond de l'homme durant tout le cours de son histoire, après la première rupture de l'alliance avec le Créateur (…). Le mal du péché est vraiment ce mal fondamental qui éloigne de l'humanité la réalisation du royaume de Dieu "." "Voici l'agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde" ( Jn. 1,29 ). Dans ces mots est contenu une référence claire à l'image d’Isaïe du
serviteur souffrant du Seigneur. Le prophète parle de Lui comme de l'Agneau qui est conduit à l'abattoir, et Lui en silence ( "comme une brebis muette", Is 53,7 ) accepte la mort, par le moyen de laquelle il justifiera la multitude, se chargera de leur iniquité ( Is 53,11 ). Ainsi la définition " Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde " indique l’œuvre du salut, c'est-à-dire la libération des péchés qui s’accomplira au prix de la passion et de la mort du Christ..." ( Audience générale., 27.7.1988 ).
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" L'amour du Père se révèle dans le Sacrifice du Fils, assumé au plus profond de sa totale liberté (...). Justement l'amour du Fils né de la totale liberté, fait que son sacrifice rédempteur soit salvateur (...). Au prix de son sacrifice cette nouvelle vie ( divine, surnaturelle ) est en nous..." ( Acilia, 28.4.1985 )." En vainquant, avec sa mort sur la Croix, le mal et la puissance du péché, avec son obéissance pleine d'amour, Il a porté le salut à tous et il est devenu pour tous " réconciliation ". En Lui Dieu S’est réconcilié l'homme ..." ( Réconciliation et pénitence., 10 ).
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" Christ, comme homme qui souffre réellement et d’une façon terrible au Jardin des oliviers et sur le Calvaire, se tourne vers le Père, vers ce Père dont il a prêché l’amour aux hommes, dont il a témoigné la miséricorde avec tout son agir. Mais la souffrance terrible de la mort en Croix ne lui est pas épargnée à lui en particulier : " Celui qui n'avait pas connu de péché, Dieu l’a fait pécheur pour nous " écrira saint Paul, résumant en peu de mots toute la profondeur du mystère de la croix et en même temps la dimension divine de la réalité de la rédemption." Vraiment cette rédemption est la révélation dernière et définitive de la sainteté de Dieu, qui est la plénitude absolue de la perfection :
plénitude de la justice et de l’amour, parce que la justice se fonde sur l'amour, duquel elle provient et vers laquelle elle tend." Dans la passion et la mort du Christ - dans le fait que le Père n’épargna pas son Fils, mais " le traita de péché pour nous " - s'exprime la justice absolu, parce que Christ subit la passion et la croix
à cause des péchés de l'humanité. Ceci est vraiment une " surabondance" de la justice, parce que les péchés de l'homme sont "rachetés" par le Sacrifice de l'Homme-Dieu.
" Cependant une telle justice, qui est en réalité justice "sur mesure" de Dieu, naît toute de l’amour; de l'amour du Père et du Fils, fructifiant toute dans l'amour. Justement pour cela la justice divine, révélée par la croix de Christ, est "à la mesure" de Dieu, parce qu'elle naît de l'amour et s'accomplit dans l’amour, en engendrant des fruits de salut. La dimension divine de la rédemption ne se réalise pas seulement à ne pas faire la justice du péché, mais en rendant à l'amour cette force créatrice dans l'homme, grâce à laquelle il a de nouveau accès à la plénitude de vie et de sainteté qui vient de Dieu.
" De telle manière la Rédemption porte en soi la révélation de la miséricorde dans sa plénitude..." ( Dives in misericordia, 7 ).
" L'Église qui ne cesse de contempler l'ensemble du mystère du Christ sait avec toute la certitude de la foi, que la Rédemption,
est arrivée par le moyen de la croix, qu’elle a rendu définitivement à l'homme la dignité et le sens de son existence dans le monde (...). Et donc la Rédemption s'est accomplie dans le mystère pascal, qui à travers la croix et la mort mène à la résurrection…" ( Redemptor hominis, 10 )·
"...La Rédemption s'est accompli par la Croix du Christ, ou par sa souffrance (...). L'Église, qui naît du mystère de la rédemption dans la Croix de Christ est tenue de chercher la rencontre avec l'homme en particulier sur la voie de sa souffrance..." ( Salvifici doloris, 3 )." "… Celui qui n'avait pas connu le péché, Dieu le traita de péché pour nous ". Avec ce poids horrible, mesurant le mal "en son entier" contenu dans le péché de tourner le dos à Dieu, Christ, par la divine profondeur de l'union filiale avec le Père, perçoit de manière humainement inexprimable cette souffrance qu’est le détachement, le refus du Père, la rupture avec Dieu. Mais précisément par une telle souffrance il accomplit la rédemption, et il peut dire en expirant : " Tout est accompli! ".
" Aussi on peut dire que s'est accomplie l'Écriture, qu’elles se sont définitivement réalisées dans la réalité les paroles de ce Poème du Serviteur souffrant : "Au Seigneur il a plu de l'abattre avec des douleurs". La souffrance humaine a atteint son comble dans la passion du Christ (...). Le bien suprême de la rédemption du monde a été tiré de la croix du Christ et il prend d'elle constamment son commencement. La Croix du Christ est devenue la source dont des fleuves d'eau vive jaillissent..." ( id., p 18 )
La " grandeur de la rédemption (...) s'est accomplie par la souffrance du Christ. Le Rédempteur a souffert à la place de l'homme et pour l'homme..." ( id., 19. Cf. Id., 21-22. - Cf. Homélie dominicale à Coena, 31.3.1988; Audience générale., 15.3.1989; (" Le sacrifice du Christ est un sacrifice expiatoire, ou un sacrifice qui présente une réparation pour obtenir la rémission des fautes...", Audience générale., 20.4.1983 ); Homélie à Strasbourg, 8.10.1988; Homélie pour Corps du Seigneur, 2.6.1983; Audience générale 1.6.1983; Lettres aux prêtres, 13.4.1987; Audience générale, 13.7.1988; Aux délégués pour le Congrès Eucharistiques., 11.3.1988; Rome, paroisse de S. Tarcisius, 3.3.1985; Audience générale, 11.4.1990`; Angélus, 10.2.1985; Homélie pour le Corps du Seigneur, 29.5.1986; (" Le Sacrifice de la Croix est le Sacrifice de la satisfaction et de l'expiation. En lui sont contenues la rédemption et la rémission des péchés " - Rome, Paroisse de la Résurrection. À Terre Nouvelle, 28.2.1988 ); Angélus, 31.8.1986; Rome, Paroisse Jésus div. Lavor., 17.6.1985; Audience générale., 26.3.1986; Audience générale., 15.3.1989; Paroisse S. Cœur de Jésus et de Marie., 17.3.1985; Audience générale., 13.4.1983 ).
( Cf. : Concile d’Éphèse, D-S 261; Concile du Latran IV, id. 802; Clément VI, id. 1083; Concile de Trente, id. 1740s, 1743, 1753s; Léon XIII, id. 3313; Pie XII, id. 3847s ).
KIKO
Selon lui, " Face au processus de désacralisation, de déchristianisation et de crise de la foi, le Saint Esprit (…) a répondu par le C o n c i l e ". À présent, cela serait arrivé parce qu’il " a répondu en renouvelant la théologie. Et on ne parle plus du dogme de la rédemption…" ( Orientations., p 67 )
Mais c’est faux parce que Vatican II, en parlant maintes fois, a confirmé que la théologie découle des sources de la Révélation, contre les erreurs passées et présentes ( Cf., La Sainte Liturgie. 2; L’Église . 3, 8, 9, 44, 52, 57; L’œcuménisme. 12; La vie religieuse. 5; L’apostolat des laïcs. 2, 5; La liberté religieuse. 11; Le ministère et la vie des prêtres. 13; L’Église dans le monde de ce temps. 67, etc. ).
·
Kiko nie que l'homme puisse offenser Dieu en péchant ( id., p. 182s ). Mais " l'Église, inspirée de la Révélation, croit et professe que le péché est offense à Dieu..." ( Dominun et vivificantem, 39). Aujourd’hui, nier le péché comme offense à Dieu, n'a pas de sens lorsque l’on parle d'expiation rédemptrice : celle-ci s’opère par le Sacrifice du Christ, selon le dogme catholique du salut…·
De fait, selon Kiko, dans la " liturgie chrétienne " " l'idée de sacrifice ", ferait " rétrograder " l’Église à " l’Ancien Testament ", elle la ferait revenir " aux idées sacrificielles et sacerdotales du paganisme " (id., p. 322 ). " Ainsi Israël, pour une certaine période, eut ce culte sacrificiel " lequel passa ensuite " à une liturgie de louange, de glorification ". Les nouveaux convertis de l'Église primitive avaient trouvé " dans la liturgie chrétienne des rites de religions païennes (…) que le peuple d’Israël avait déjà dépassé " ( id., p. 320 )·
Deux raisons, selon Kiko rendaient superflus les sacrifices :a) le péché, n’offensant pas Dieu, n'exige aucune réparation qui satisfasse sa justice;
b) le péché ne peut pas offenser Dieu n’étant pas un acte " humain " ni donc " morale " parce que, par dessus tout comme nous l’avons rapporté, " l’homme ne peut pas faire le bien… ( id., p 130 ); " il est profondément taré. Il est charnel. Il ne peut pas faire autrement que voler, se disputer, être jaloux, envier, etc., il ne peut pas faire autrement. Et il n’en a pas la faute… " (id., p. 138 ). " La réalité de l’homme c’est qu’il veut faire le bien et il ne le peut pas " ( id., p. 130 )
Mais, celui qui ne peut pas pécher, en réalité ne pèche pas, n'étant pas responsable de ses actions. Par conséquent il ne peut pas offenser Dieu non plus…
Donc, quant à l'inutilité du " sacrifice ", Kiko est catégorique : " Offrir des choses à Dieu pour l'apaiser " est le propre des " religions naturelles ", païennes ( id., p. 320 ). " Dieu n’est pas un juge auquel tu dois plaire ou à qui tu dois demander de l’aide… " ( id., p 86 ). " Christ est venu pour dépasser la religiosité naturelle ", pour celui qui a l’habitude d’aller " au temple pour demander pardon à Dieu " ( id. ).
" Peut-être que Dieu a besoin du sang de son Fils, de son sacrifice pour lui plaire ? Mais quel espèce de dieu en avons-nous fait ? Nous en sommes arrivés à penser que Dieu assouvissait sa colère dans le sacrifice de son fils à la manière des dieux païens. C’est pourquoi les athées disaient : " qu’est-ce que ce Dieu qui déverse sa colère contre son Fils sur la croix ? " ( id., p. 333 )
·
Si l'homme ne peut pas offenser Dieu et que Dieu n'exige pas quelque réparation pour le péché commis, Il ne lui reste plus qu’à Lui attribuer d’autre perfection que celle de la M i s é r i c o r d e, N'ayant plus d’autres raisons d'exercer la J u s t i c e. Donc, son pardon est inconditionnel, pourvu que l'homme croie, aie confiance et vive dans la joie de la grande veillée de la fête éternelle : " Jésus Christ est venu souffrir pour que tu ne souffres pas, il est venu mourir pour que tu ne meurs pas : Lui c’est vrai qu’il meurt, toi pas. De sorte qu’il t’offre gratuitement la vie, à toi et au dernier malheureux de la terre, au plus pécheur, au plus vicieux, " à l’assassin ", à qui que ce soit il fait cadeau d’une vie éternelle qui ne finira jamais " ( id., p 222 ).·
" Le Christianisme ne demande rien de personne, il donne tout en cadeau " ( id., p 223s ).·
" Vivre dans la grâce c’est vivre dans la gratuité de Dieu qui est en train de te pardonner avec son amour, et croire en cet amour et en ce pardon permanents de Dieu (…). Les chrétiens (…) savent qu’ils sont vraiment des pécheurs et ils ont expérimenté dans ce péché la miséricorde de Dieu qui pardonne et qui donne une vie nouvelle, fruit de sa grâce…" ( id., p 190 ).·
" Dieu est miséricorde et amour " (id., p. 62 ). Pour surpasser " toute la religiosité naturelle (…) basée sur la crainte ", il suffit de croire " avoir cette confiance en Dieu ", la " confiance que Dieu t’aime " ( id., p. 62 ). " S’il est vrai que Dieu a engendré Jésus Christ en toi ", " tu as reçu le don de Dieu : miséricorde, vie éternelle, pardon… " ( id. p. 67 )·
C’est pourquoi, " Quelle est la nouvelle que donne l’Église ? Que Jésus Christ est ressuscité de la mort. Que nous ne mourons pas parce que nous avons été insérés dans le corps vivant de Jésus Christ ressuscité…" ( id., p. 86s ). Ou plutôt dans l’Église, qui " sauve tous les hommes (…). L’Église sauve tous les hommes, parce qu’elle pardonne à tous. Et si elle est le Christ et si le Christ est Dieu, c’est Dieu lui-même qui leur a pardonné. L’Église ne juge pas, n’exige pas, mais elle sauve, elle soigne, elle pardonne, elle ressuscite et, en faisant tout cela, elle rend présente l’eschatologie " ( id., p. 90 ).Les implications logiques de telles théories sont nombreuses et graves. Nous les indiquerons en continuant notre analyse comparative de la pensée de Jean Paul II et de Kiko Arguëllo.
IX
L’EUCHARISTIE - SACRIFICE
LE PAPE
" Cher Jésus présent dans l'Eucharistie. Il est présent de manière sacrificielle dans la sainte Messe, qui renouvelle le Sacrifice de la Croix. Aller à la Messe signifie aller au Calvaire pour se rencontrer avec Lui, notre Rédempteur…" ( Aux garçons , 8.11.1978 ).
" Jésus ( à Capharnaüm ) parle de sa personne, mais toute entière, non symboliquement , et il fait entendre qu’elle est une offrande " sacrificielle " qui se réalisera pour la première fois dans la Dernière Cène, en anticipant mystiquement le sacrifice de la Croix..." ( À l’Opus Dei, 19.8.1979 ).
" Dans la liturgie le Christ parle avant tout avec force de son Sacrifice...". Cette histoire d'amour, Dieu la " propose de nouveau par ce Sacrifice rédempteur qu’il nous a transmis dans le signe sacramentel, afin que non seulement nous y repensions comme un souvenir, mais que nous le renouvelions, le re-célébrions " ( Aux séminaristes romains, 19.11.1978 ).
" Le mystère eucharistique, séparé de sa propre nature sacrificielle et sacramentelle, cesse simplement d'être tel..." ( Lettre Dominicae Cenae, 8 ).
" L'Eucharistie est surtout un sacrifice : Sacrifice de la rédemption et, en même temps, sacrifice de la Nouvelle Alliance, comme nous le croyons et comme le professent clairement les Églises d’Orient : " Le sacrifice d'aujourd'hui - comme l’a affirmé, il y a des siècles, l'Église grecque - est comme celui qu’un jour offrit l'Unique Verbe incarné, qui vient de Lui-même ( aujourd'hui comme alors ) s’offrir, étant le sacrifice identique et unique ". C’est pourquoi, pour rendre présent cet unique sacrifice de notre salut, l'homme et le monde sont rendus à Dieu par le moyen de la nouveauté pascale de la Rédemption..." ( id., 9 )
"... En vertu de la consécration, les espèces du pain et du vin représentent de manière sacramentelle et sans effusion de sang le Sacrifice sanglant propitiatoire offert par Lui sur la croix au Père pour le salut du monde..." ( id ).
" L'Eucharistie (...) est le sacrement de son Corps et de son Sang qu’Il a Lui- même offert une fois pour toutes ( Ep 9, 26-28 ) pour nous libérer du péché et de la mort, et qu'il a confié à son Église pour qu’elle fasse la même offrande, sous les espèces du pain et du vin et nourrisse pour toujours ses fidèles, et nous aussi qui sommes réunis autour de l’autel. L'Eucharistie est donc le sacrifice par excellence, celui du Christ sur la Croix, par le moyen duquel recevons le Christ lui-même, tout entier, Dieu et homme..." ( Homélie au Congrès Eucharistique de Haïti, 9.1.1983 ).
" Le sacrifice du fils est unique et irremplaçable. Il a été accompli une seule fois dans l’histoire de l’humanité. Et ce sacrifice unique et irremplaçable " demeure ". L’avènement du Golgotha appartient au passé. La réalité de la Trinité constitue éternellement un " aujourd’hui " divin. C’est pourquoi toute l’humanité participe à cet " aujourd’hui " du Sacrifice du Fils. L’Eucharistie est le sacrement de cet " aujourd’hui " insondable. L’Eucharistie est le sacrement - le plus grand de l’Église - par lequel " l’aujourd’hui " divin de la Rédemption du monde rencontre notre " aujourd’hui " humain d’une façon toujours humaine " ( Homélie à Strasbourg, 8.10.1988 ).
" Dans le sacrement du Corps et du Sang placé sur la table de l'autel, Christ offre à nouveau son Corps et son Sang pour nous pour que sur la misère de notre réalité de pécheurs se répande encore une fois le flot purificateur de la miséricorde divine et dans la fragilité de notre chair mortelle soit placé le germe de la vie immortelle " (Corpus domini, 2.6.1983 ).
" Dans l’Eucharistie en effet la Rédemption est revécue de manière actuelle : le Sacrifice du Christ, devient le Sacrifice de l'Église, produisant dans l'humanité d'aujourd'hui ses fruits de réconciliation et de salut.
" Quand le prêtre prononce, au nom et dans la personne du Christ, les mots : " Ceci est mon corps offert en sacrifice pour vous ", il n'affirme pas seulement la présence du Corps du Christ; Il exprime aussi le S a c r i f i c e avec lequel Jésus a donné sa vie pour le salut de tous. C’était cela que le Christ a voulu dire en fondant l'Eucharistie.
"...Ainsi, dans la consécration du pain et du vin, le Sacrifice rédempteur est rendu présent. Par la médiation du prêtre, Christ s'offre de manière mystérieuse, en présentant au Père le don de sa propre vie, fait en son temps sur la Croix. Dans l'Eucharistie il n’y a pas seulement un s o u v e n i r du Sacrifice offert une fois pour toute sur le Calvaire. Ce sacrifice redevient actuel en se renouvelant de façon sacramentelle dans chaque communauté qui l'offre par les mains du Ministre consacré.
" Il est vrai que le Sacrifice du Calvaire a suffi pour obtenir à l'humanité toutes les grâces du salut; le sacrifice ne fait pas que récolter les fruits. Mais Christ a voulu que son offrande fût rendue continuellement présente pour s’associer la communauté chrétienne. En chaque Eucharistie l'Église s'engage dans le sacrifice de son Seigneur et les chrétiens sont appelés à unir au sien leur offrande personnelle. L'Eucharistie est simultanément Sacrifice du Christ et Sacrifice de l'Église, donc en lui le Christ unit l'Église à son Offrande " ( Audience générale, 1.6.1983 )
" Les paroles qui fondent l'Eucharistie anticipent non seulement ce qui sera réalisé dans le jour suivant, mais aussi elles soulignent expressément qu’une telle réalisation possède maintenant le sens et la portée du sacrifice. En effet, "Le corps est donné... et le sang est versé pour vous..." ( Lettres aux prêtres, jeudi saint., 13.4.1987 ).
" Le sacrement constitue le signe durable de la présence de son Corps donné à la mort et de son Sang versé " "en rémission des péchés", en même temps, chaque fois qu'il est célébré il rend présent le sacrifice salvateur du rédempteur du monde..." ( Audience générale., 13.7.1988 ).
" L'Eucharistie est le Sacrement de ce Sacrifice. C'est le Sacrement de la rédemption éternelle dans le Corps et dans le Sang de Christ..." ( À Piacenza, 5.6.1988 - Cf. aux délégués pour le Congrès Eucharistique., 11.3.1988; En Uruguay, 7.5.1988; Homélie in Coena Domini, 16.4.1987 ).
( Cf. : Concile de Trente, D-S 1740-42, 1744, 1751, 1753, 1755, 1764; Pie IV, id. 1866; S. Pie V, id 1945; Benoît XIV, id. 2535; Léon XIII, id. 3316; Pie XII, id. 3847; Concile Vatican II, La Sainte Liturgie, 6, 47, 106, 108; L’Église, 11; L’activité missionnaire de l’Église; L’Église dans le monde de ce temps, 22; Pie XII, Mediator Dei, 55-57 ).
KIKO
Dans ses catéchèses, la doctrine de l’Église sur le " Sacrifice Eucharistique " ne semble avoir aucune résonance : tout y est travesti, confus, rendu incompréhensible. Ainsi :
·
La Messe serait " un sacrement de passage de Jésus Christ de la mort à la résurrection " ( Orientations, p 305 ); ou de la mort à la vie, non de la vie à la mort, comme comporte une vrai immolation, selon la foi catholique. Donc, " l'Eucharistie est une proclamation, un kérygme de la Résurrection de Jésus Christ de la mort " ( id., p. 307 ), en opposition avec tout ce que S. Paul écrit : " chaque fois..., vous annoncez la mort du Seigneur " ( 1Co. 11,23-26 ). Ceci parce que en vertu seulement - par les mérites - de cette mort Jésus a satisfait la justice du Père et il a racheté le monde. La gloire de sa résurrection et de la nôtre est le f r u i t d’une telle satisfaction, ou d'une mort ayant une valeur de " sacrifice d’expiation "...·
Justement parce qu'il se refuse d'accepter la tragédie du Calvaire comme " offrande sanglante " ou " Sacrifice " célébré pour apaiser " la colère" de Dieu offensé par le péché, Kiko, après Luther définit la Messe comme " sacrifice de louange, une louange complète de communion avec Dieu à travers la Pâques du Seigneur " ( id., p. 322. Cf. D-S 1743, 1753 )·
Le Pape enseigne précisément le c o n t r a i r e : " En renouvelant de manière sacramentelle le Sacrifice rédempteur, l'Eucharistie tend à appliquer aux hommes d'aujourd'hui la réconciliation obtenue une fois pour toutes par le Christ pour l'humanité de tout temps (…). Chaque consécration eucharistique obtient un effet de rémission des péchés pour le monde et contribue ainsi à la réconciliation de l'humanité pécheresse avec Dieu." Le sacrifice offert dans l'eucharistie n'est pas en effet un simple sacrifice simple de louange : c'est un sacrifice expiatoire ou "propitiatoire", comme l’a déclaré le Concile de Trente ( D-S 1753 ), car en lui se renouvelle Le Sacrifice même de la Croix dans lequel le Christ a expié pour tous et a mérité le pardon des fautes de l'humanité. Ceux qui participent au Sacrifice Eucharistique reçoivent une grâce spéciale de pardon et de réconciliation... ( Audience générale, 15.5.1983 ).
·
Bref, pour kiko : " il y n'a pas de sacrifice dans l'eucharistie..."; pour cela on blâme le croyant " qui dans la Messe voient le Calvaire " ( id.).·
Et encore : " dans l'eucharistie il n’y aucune offrande..." ( id., p. 328 )Nous devrons reprendre le sujet pour une vision plus complète de la théologie de Kiko sur le mystère eucharistique.
X
L’EUCHARISTIE - PRÉSENCE RÉELLE ET CULTE
LE PAPE
L'orthodoxie avant tout :
" Le Pape exhorte à mettre en évidence avant tout les bases de la doctrine eucharistique, surtout comme elle a été reçue, méditée et vécue, sans interruption, à partir des Apôtres, des Martyrs, des Pères de l'Église, de la Chrétienté médiévale, des Conciles, de la pitié moderne, des recherches légitimes de notre époque ". " Les Pasteurs et les théologiens des Congrès devront transmettre ce qu'ils ont eux-mêmes reçus...". " Tout d’abord (...) un tel Congrès sera donc celui de la contemplation du "Mystère de foi", de celui de l'adoration..." ( Lettre au cardinal Knox, 1.1.1979, pour le Congrès Eucharistique International de Lourdes ).
- " L'Eucharistie est le vrai mystère de la foi. L'Eucharistie est notre Source d'espérance pour l'avenir : le succès de notre ministère est relié à Elle; le bien-être du peuple de Dieu dépend d'Elle; L'Eucharistie et la Pénitence sont les grands trésors de l'Église de Dieu " ( Aux Évêques indiens, 26.4.1979 ).
" Il faut faire comprendre aux fidèles que l’Eucharistie est le Centre de l'Église et du monde (...). Le Comble de l'évangélisation se réalise dans l'Eucharistie; en elle en effet est atteinte la pleine identification de l'homme avec le Christ..." ( Aux Évêques des Abruzzes et de Molise, 4.12.1981 ).
b) La présence
- " Dans le tabernacle Notre Seigneur Jésus Christ est réellement et vraiment présent, caché sous les espèces sacramentelles, et de là il restaure les habitudes, il alimente les vertus, il console les affligés, il fortifie les faibles et stimule à son imitation tous ceux qui s'approchent de Lui..." ( À Buenos Aires, 6.4.1987 ).
- " Il est réellement présent dans l'Eucharistie et dans tous les tabernacles de nos églises " ( Au Stade de Montevideo, Uruguay 7.5.1988 ).
- " À travers le Sacrement eucharistique, on peut vraiment dire, même de manière très mystérieuse, que Dieu h a b i t e dans son temple. Et dans son temple, dans le Tabernacle, nous pouvons toujours le rencontrer et contempler au-delà du voile des espèces eucharistiques, en trouvant consolation dans les souffrances, éclairage dans les doutes et dans les incertitudes, inspiration pour de nouvelles initiatives de charité " ( Vérone, aux prêtres et religieux, 16.4.1988 ).
- " Bien-aimée Jésus présent dans l’Eucharistie. Il l’est de manière sacrificielle dans la sainte Messe, qui renouvelle le Sacrifice de la Croix (...) . Il vient en nous dans la sainte communion et il demeure présent dans les Tabernacles de nos églises " ( Aux garçons, 8.11.1978 ).
- " De là découle le devoir d'une observance juste des règles liturgiques et de tout ce dont témoigne le culte communautaire rendu à Dieu même, beaucoup plus parce que, dans ce Signe sacramentel, Il se confie à nous avec une confiance illimitée, comme s'il ne prenait pas en considération notre faiblesse humaine, notre indignité, les habitudes, la " routine " ou même la possibilité d'outrage, etc..." ( Lettre encyclique Redemptor hominis, 4.3.1979, n. 20. - Cf. Audiences générales, 24.7.1988; Congrès Eucharistique de Nazareth, 12.6.1988 )
( Cf. : Urbain IV, D-S 846; Clément VI, id. 1257; Concile de Florence, id. 1321; Concile de Trente, id. 1637, 1640-1, 1651, 1653, 1729, 1733; Pie IV, 1866; Benoît XIV, id. 2535 ).
c) Transsubstantiation
- " Dans le contexte de la société agnostique dans laquelle nous vivons, douloureusement hédoniste et permissive, il est essentiel d'approfondir la doctrine concernant l'auguste Mystère de l'Eucharistie de façon à acquérir et maintenir entière la certitude au sujet de la nature et du but du Sacrement qu’on peut dire précisément le centre du message chrétien et de la vie de l'Église. L'Eucharistie est le mystère des mystères; donc, son acceptation signifie accueillir totalement le passage du Christ et de l’Église, des prémices de la foi jusqu'à la doctrine de la Rédemption, de l'idée du Sacrifice et de la Prêtrise consacrée, au dogme de la "transsubstantiation", à la valeur de la législation en matière liturgique.
" Aujourd'hui la certitude est nécessaire avant tout, pour ramener à leur exacte place centrale l'Eucharistie et la Prêtrise, pour évaluer à leur juste mesure la sainte Messe et la Communion, pour retourner à la pédagogie eucharistique, source des vocations sacerdotales et religieuses, et force intérieure pour pratiquer les vertus chrétiennes…"
" Aujourd’hui il est temps de réfléchir, de méditer et de prier afin de rendre aux chrétiens le sens de l'adoration et la ferveur : seulement dans l'Eucharistie profondément connue, bien aimée et vécue peut-on attendre cette unité dans la vérité et dans la charité voulue par le Christ et diffusée par le Concile Vatican II " ( Aux pèlerinages de Milan et de Alexandrie, 14.11.1981 ).
( Cf. : Innocent III, D-S 782; Concile du Latran IV, id. 802; Concile de Lyon II, id. 860; Concile de Florence, id. 1352; Concile de Trente, id. 1642, 1652; Pie IV, id. 1866; Benoît XIV, id. 2535; Pie VI, id. 2629; Pie XII, id. 3848; Paul VI, Profess. Fidei; Eucharisticum Mysterium, 3/f ).
d) Adoration et actes particuliers de culte
- " Je vous exprime le vœu que votre exemple attire beaucoup d'âmes à l'adoration de Jésus présent sur l'autel pour être le réconfort et l'espérance à ceux qui se confient en Lui et se serrent contre Lui avec foi et avec amour, en regardant à Lui comme à l'Emmanuel, le Dieu avec nous..." ( À l'association des adorateurs du S. Sacrement, 22.4.1989 ).
- " Il est nécessaire et urgent de réveiller et cultiver dans les fidèles la vénération de ce Sacrement ineffable, sa célébration dans le Sacrifice de la Messe et son approche fréquente avec la préparation qui lui est due " ( Montevideo. aux religieux, 31.3.1982 ).
- " Nous adorons et reconnaissons cette présence du Christ sous les espèces du pain et du vain, qui est conservée dans le Tabernacle pour permettre aux chrétiens de venir prier le Seigneur, le contemplant dans son saint Sacrement, durant le cours des journées, et aussi pour qu'on puisse porter la Communion aux malades et aux mourants.
" Nous rendons un culte public à l'Eucharistie, quand elle est célébrée, pendant un Congrès eucharistique ou à l'occasion du Corpus Domini. Cette présence réelle parmi nous dans la célébration de l'Eucharistie, et toujours en relation avec elle, est pour nous chrétiens un des signes de l'Emmanuel, Dieu-avec-nous, comme Israël appelait le Messie futur..." ( Homélie à la fermeture du congrès eucharistique de Haïti, 9.3.1983 ).
" Je vous dis, donc : soyez des adorateurs convaincus de l'Eucharistie dans le plein respect des règles liturgiques, dans un culte sérieux et compris qui n'enlève rien à la familiarité et à la tendresse..." ( À l'Opus Dei, 19.8.1979 ).
" En vérité, puisque le Mystère Eucharistique a été fondé par l'amour, il est digne d'action de grâce et de culte. Et ce culte doit se distinguer dans notre rencontre avec le très saint Sacrement, soit quand nous visitons nos églises, soit quand les saintes esp